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Il est légitime de s’interroger sur les raisons de ce
fossé qui se creuse
de jour en jour entre l’Eglise et les croyants ainsi que la société en
général. Mon propos ici ne visera en aucun cas la religion en tant que tel
mais bien l’institution catholique qu’est l’Eglise.
La première raison de ce fossé qui se creuse semble assez évidente. Ce
sont les choix actuels de l’Eglise catholique qui fait preuve d’un fort
conservatisme. Elle refuse l’homosexualité, les moyens de contraception,
l’égalité homme-femme (via notamment la fonction de prêtre réservée aux
hommes) et ne prend que peu de mesure contre les problèmes récurrents de
pédophilie dans l’Eglise. Si on y réfléchit, tous ces problèmes sont
« nouveaux » pour l’Eglise dans le sens où la vision de la société était
assez similaire à celle de l’Eglise il y a quelques décennies. Le problème
vient du fait que l’Eglise a fait preuve sur le 20e siècle d’un
conservatisme à toute épreuve qui l’a distancé de la société et de sa base.
La seconde raison ou plutôt la source du premier problème, c’est
l’organisation même de l’Eglise. Le chef de l’Eglise, le Pape, désigne les
cardinaux. Ceux-ci désigneront à leur tour le nouveau pape parmi eux. Sans
aucun jugement négatif, l’Eglise catholique est
donc un exemple typique de dictature. En tant qu’organisation religieuse (on
ne pinaillera pas sur l’Etat Vatican), c’est son droit de faire ce choix et
c’est sans doute moins problématique que pour un état. Cela a en effet des
avantages comme des inconvénients. La ligne de conduite d’un pape pourra
être respecté bien au delà de son pontificat et une cohérence sans faille
est assurée au niveau des grandes décisions prises. Ce modèle est par contre
une source importante de risque de se distancer de sa base comme c’est le
cas actuellement. Même les prêtres commence à s’éloigner de cette hiérarchie
sourde et aveugle.
Sans
grande réforme, les églises se vident. Les croyants ne se reconnaissent plus
dans cette institution et ils ont leur foi mise à mal. Une solution
structurelle serait d’instaurer plus de démocratie dans les élections de la
hiérarchie. Ces élections devrait être du bas vers le haut et pas l’inverse…
Voir aussi
Appel de prêtres et de diacres en Autriche,
juin 2011
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