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Pour une Europe réconciliée dans sa diversité religieuse.

Déclaration du Mouvement allemand du Peuple de l'Eglise "Nous sommes Eglise".-  Munich / Berlin, 12 mars 2007.-

A l'occasion du 50ème anniversaire des Traités de Rome, le 25 mars 2007.

 Le processus d'unification européenne qui s'est déroulé au cours des dernières décennies est l'histoire d'un succès qui a permis de grands progrès dans la coexistence pacifique et le bien-être économique des foules. Pour la poursuite d'une croissance culturelle et politique de l'unité européenne c'est la réconciliation entre les confessions et les religions qui est maintenant une pierre d'angle d'une importance capitale. C'est ce qu'a également exprimé Horst Köhler, Président de la République Fédérale d'Allemagne, dans ses propos qui méritent notre reconnaissance, lors de la Troisième Assemblée Oecuménique Européenne en février de cette année à Wittenberg en lançant un appel aux gouvernements des Eglises pour qu'elles impriment un nouvel élan à l'oecuménisme et qu'elles ne gâchent pas la chance ouverte à ce mouvement.  

C'est justement dans une Europe marquée par la sécularisation que les Eglises chrétiennes devront apporter en commun ce témoignage, car nos divisions nous rendent incrédibles aux yeux du monde. La "Charte oecuménique" (ébauchée en 1997 lors de l'Assemblée oecuménique de Graz et signée lors de la Rencontre du Millénaire à Strasbourg ainsi qu'en 2003 au Congrès Oecuménique des Eglises à Berlin) contient les grandes lignes de la collaboration des Eglises en Europe, conçue comme engagement réciproque en faveur d'une solidarité visible et crédible. Nous attendons dans ce processus un nouvel élan assorti de contributions concrètes en faveur d'une collaboration soutenue par une compréhension réciproque, à l'occasion de la rencontre de la Troisième Assemblée Oecuménique prévue en septembre 2007 à Sibiu.  

Les Eglises chrétiennes ont apporté une contribution considérable aux bouleversements pacifiques de 1989. Grâce aux divisions qu'elles ont connues et qui sont parties d'Europe aux XIème et XVIème siècle, mais surtout grâce à l'expérience du mouvement oecuménique survenu au XXème siècle, les Eglises chrétiennes peuvent imprimer un élan et fournir également un modèle pour la croissance de l'unité entre les peuples et les cultures de l'Europe : en incarnant une unité dans une diversité réconciliée. La variété des témoignages chrétiens ne devra pas être un signe de faiblesse, mais elle peut parfaitement être la source d'une force.

 Mais à côté d'une réconciliation entre catholiques, protestants et orthodoxes, l'Europe a également besoin du dialogue interreligieux avec d'autres traditions de foi et d'autres courants spirituels importants. Cela concerne avant tout le dialogue avec les religions du Livre que sont le judaïsme, le christianisme et l'Islam. Car, comme le constate le projet d'une éthique planétaire lancé par Hans Küng : il n'y aura pas de paix entre les nations sans paix entre les religions. Et il n'y aura pas de paix entre les religions sans le dialogue entre les religions.

 L'Europe n'a pas des racines exclusivement chrétiennes. Notre continent est un milieu de vie dans lequel coexistent des hommes dont les identités, les cultures, les confessions et les religions sont les plus variées. Ne pas imprimer à ce milieu la valeur suprême d'une religion ou d'une idéologie mais l'aménager comme un espace commun de liberté, de justice et de paix, c'est là, un défi de taille. C'est aux têtes et aux coeurs des hommes que la vision de l'Europe doit parler. La réalisation de cette vision n'est pas seulement la tâche des dirigeants et des gouvernements des Eglises, mais celle de tous les hommes de bonne volonté.

 Si les Eglises s'impliquent dans ce processus constructif, il faudra qu'elles résistent à la tentation d'acquérir une influence politique exagérée, car dans le passé de l'Europe la politique et la religion ont été mélangées sous une forme maléfique. La Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile de Vatican II déclare dans son numéro 76 : "Surtout là où existe une société de type pluraliste, il est d'une haute importance que l'on ait une vue juste des rapports entre la communauté politique et l'Eglise... L'Eglise [ ... ], en raison de sa charge et de ses compétences, ne se confond d'aucune manière avec la communauté politique et n'est liée à aucun système politique..., elle ne place pas son espoir dans les privilèges offerts par le pouvoir civil. Bien plus, elle renoncera à l'exerce de certains droits légitimement acquis, s'il est reconnu que leur usage peut faire douter de la pureté de son témoignage ou si des circonstances nouvelles exigent d'autres dispositions".

 Nous croyons que la protection de la liberté religieuse, telle qu'elle est également prévue par la "Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne" en date du 7 décembre 2000 dans son article 10 pour l'exercice collectif de la foi, est suffisante. C'est pourquoi il nous semble inopportun que les Eglises et les communautés spirituelles reçoivent dans le projet de Constitution européenne un statut particulier (Art 52 (3)) vu les conditions habituellement en usage dans la démocratie participative (Art. 47).  

Nous avons besoin pour l'Europe de critères éthiques, auxquels les Eglises et tout le peuple des Eglises peuvent apporter une contribution irremplaçable. L'Europe peut déjà faire montre d'acquis dont on ne peut disposer arbitrairement, tels que la dignité inaliénable de l'homme, et les droits humains, la démocratie et le principe de l'Etat de droit, la subsidiarité et la participation, l'égalité des droits entre les sexes, la justice sociale ainsi que la liberté religieuse individuelle et collective. Mais nous devrons également faire preuve d'ouverture, afin que d'autres lui apportent leurs valeurs et la richesse spirituelle de leurs cultures et veiller pour que l'Europe ressorte plus forte de cet échange.  

L'Europe devra trouver également à l'avenir des modalités permettant une coexistence pacifique entre des êtres humains de cultures et de religions différentes. C'est justement dans un monde globalisé que les sociétés européennes sont placées face au défi de s'ouvrir également à des cultures et des religions autres que les leurs. Dans cette perspective il faudra apporter notre soutien au dialogue interculturel et interreligieux, non seulement pour consolider la coexistence pacifique mais aussi - après la longue expérience de notre propre histoire - pour fournir un modèle réellement viable de diversité réconciliée.  

Equipe fédérale de coordination du Mouvement du Peuple de l'Eglise Nous sommes Eglise.

(Traduit de l'allemand par Jean Courtois / Lyon).
 


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Mise à jour le lundi 15 novembre 2010