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ORDINATION DE FEMMES / Dossier
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la sexualité comme source
d'énergie positive et la position négative de l'église LUDMILA Javorova, Femme - prêtre Tchèque, licenciée par le Vatican !!!
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"Que
le suaire de l’oubli ne vienne plus jamais recouvrir
le sort collectif des femmes, comme s’il n’avait jamais existé !" (Gertrud
Heinzelmann)
Se remémorer les traditions féminines
et les préserver ainsi de l’oubli, voilà un programme qui demande aussi de
retracer les débuts du mouvement pour l’ordination des femmes et son développement
progressif au sein de l’Eglise. Car ce ne sont pas – pour l’instant du
moins – les hommes d’Eglise qui vont permettre aux femmes d’accéder aux
fonctions sacerdotales, mais les femmes elles-mêmes qui initient le mouvement
en questionnant leur situation frustrante dans l’Eglise. Elles réclament tous
les droits qui leur reviennent en vertu du baptême et aspirent à pouvoir accéder
sans restrictions aux services et fonctions ecclésiales. Ceci s’applique (ou
s’appliquait) aussi bien aux Eglises des autres confessions chrétiennes qui
reconnaissent désormais l’ordination des femmes qu’à l’Eglise
catholique romaine.(1)
Quelles femmes furent à
l’origine du mouvement au sein de l’Eglise catholique romaine ?
Quelles réactions,
masculines et féminines, ont-elles suscitées ?
Ont-elles pu obtenir quelques progrès ?
Voilà le genre de questions
qu’entend aborder cet article, non pas en examinant tous les aspects du
contexte historique, mais en soulignant les étapes décisives. Précisons que
cette étude se concentre sur les faits relatifs à la Suisse et à l’Allemagne;
d’autres pays européens seront tout au plus évoqués en passant.
L’image de la femme avant le
Concile
Officiellement et publiquement
formulée pour la première fois au début des années 1960 par les femmes
catholiques romaines, la question de leur ordination s’est heurtée à une
image de la femme déterminée par l’idée de son rôle subalterne, de son infériorité
et de sa servitude. Les séquelles de l’oppression plus que millénaire des
femmes dans le christianisme étaient encore omniprésentes, en particulier dans
le monde catholique fortement marqué par ces traditions. Même si, après la
Deuxième Guerre mondiale, les documents ecclésiastiques officiels évitent de
plus en plus d’exiger ouvertement la soumission de la femme à l’homme dans
le mariage, la famille et la société, la description de la nature et des tâches
féminines – par opposition à l’homme – est encore visiblement influencée
par l’idée de la domination de l’homme sur la femme. Ainsi, Pie XII déclare
en 1956 qu’il existe entre les sexes "une égalité absolue au niveau des
valeurs personnelles fondamentales", mais qu’ils ont des "fonctions
différentes" et donc aussi "des droits et des devoirs différents".
En vertu de Gn 1,28, la femme ne serait "en principe exclue d’aucune sphère
d’activité humaine", mais ce "toujours de façon subordonnée aux
fonctions primaires que lui dicte la nature"(2), ces "fonctions
primaires" étant la maternité et le travail familial. Par conséquent,
les types ou caractères féminins fondamentaux seraient: épouse et mère ou
– dans le domaine religieux – religieuse et vierge. La femme moderne exerçant
une profession dans la société profane et dont le champ d’action ne cesse de
s’élargir, n’existe (n’existait) pas dans l’optique des dignitaires
catholiques. On la considère (considérait) plutôt comme "dégénérée",
non-conforme à sa vocation féminine.
Première requête conciliaire
pour l’ordination des femmes
C’est dans ce climat, prédominant
dans une large partie du monde catholique romain, qu’une première
revendication pour l’ordination des femmes fut officiellement formulée. Alors
que se préparait le Concile Vatican II (1962-1965), la juriste fraîchement
diplômée Gertrud Heinzelmann (décédée en septembre 1999) fit parvenir une
requête circonstanciée à la commission préparatoire (mai 1962). Il
s’agissait de la première et unique requête conciliaire remise durant la
phase préliminaire qui (...) confrontât l’Eglise à l’intenable situation
des femmes voulue par la tradition, ainsi qu’au postulat de l’égalité à
tous les échelons de la vie ecclésiale.(3)
Dans la ligne voulue par le pape
Jean XXIII qui avait convoqué le Concile, celui-ci devait tout mettre en oeuvre
pour entamer un dialogue avec le monde moderne et s’efforcer d’obtenir un
"aggiornamento". Dans ce sens, la requête de G. Heinzelmann
poursuivait un but précis:
l’Eglise, qui n’avait même pas actualisé sa
position vis-à-vis de la philosophie des lumières, et encore moins à l’égard
du mouvement des femmes avec son contexte socio-culturel et juridique, allait
enfin trouver la confrontation recherchée.(4)
Au début des années 60, le thème
"femmes et Eglise" n’était pas encore d’actualité. Une
constatation qui ressort d’un "Sondage sur le Concile" de la revue Wort
und Wahrheit (Herder-Verlag 1961) : parmi les 81 personnes interrogées il
n’y avait que cinq femmes. Et de celles-là, certaines refusaient d’aborder
la question féminine, ou bien elles n’en faisaient même pas mention. La
revendication d’une égalité des sexes dans la sphère ecclésiale faisait
complètement défaut.(5) Pour Gertrud Heinzelmann ceci fut le détonateur de
son action. En tant que juriste catholique militant depuis de longues années
pour le droit de vote des femmes en Suisse, elle ne connaissait que trop
l’influence antiféministe pernicieuse exercée par les normes ecclésiales
sur l’ensemble de la société. Dans le cadre d’un travail relatif au droit
canon de l’Eglise nationale, elle avait buté sur maintes déclarations
sexistes des Pères et docteurs de l’Eglise; elle s’était alors constitué
une vaste compilation de textes de Thomas d’Aquin assortis de ses commentaires
critiques à elle, dont elle s’inspira pour rédiger sa requête conciliaire.
Cette requête comporte une
analyse critique des conceptions de Thomas d’Aquin, qui jouit d’une autorité
particulière dans l’Eglise officielle. A partir des énoncés thomistes
positifs sur la nature spirituelle de l’être humain et sur les sacrements en
général, Gertrud Heinzelmann aboutit à la possibilité fondamentale de
l’ordination des femmes et à sa revendication concrète. Ce faisant, elle
nourrit l’espoir que :
Si le fardeau de la doctrine médiévale se
rapportant à la nature des femmes est formellement rejeté par l’Eglise
officielle, la voie vers la prêtrise des femmes sera ouverte – et ce, sur
base de la doctrine thomiste apurée, la philosophia rationalis de l’être
humain proprement dite.(6)
Suite à la première
publication de son texte dans le bulletin d’information du
Frauenstimmrechtsverein de Zürich, Die Staatsbürgerin (juillet/août
1962), elle est convaincue d’avoir fait un bond en avant irréversible. Même
un concile ultérieur aurait à se souvenir que jadis déjà, lors de Vatican
II, on avait réclamé pour les femmes la pleine égalité et l’accession au
ministère ordonné.(7)
Grâce à l’appui
journalistique de Placidus Jordan OSB, "expert" des évêques américains
auprès du concile, la requête de Gertrud Heinzelmann eut un grand
retentissement dans les milieux des Pères conciliaires et fut diffusée dans de
nombreux pays.
... Le débat s’amplifie
Comme il fallait s’y attendre,
la requête si promptement diffusée suscita de violentes réactions. L’auteure
fut exposée à des attaques injurieuses, des railleries et des sarcasmes
("la parade du petit nain"; n.d.t.: il s’agit d’un jeu de mots sur
son patronyme). En revanche, les réactions positives montrèrent "que les
pensées d’un grand nombre de personnes concernées par la même problématique
allaient simultanément dans la même direction."(8) C’est ainsi que
naquirent les premiers contacts avec des théologiennes allemandes. Dès 1959,
l’une d’entre elles, la théologienne diplômée Josefa Theresia Münch,
avait adressé au Vatican plusieurs demandes écrites (non publiées) visant la
révision de la loi canonique (can. 968 § 1 CIC/1917) qui exclut les femmes de
l’ordination sacramentelle.(9) Au début des années 60, les étudiantes de la
Faculté de Théologie catholique de Münster – en premier lieu Iris
Müller,
rejointe peu après par Ida Raming – s’étaient également interrogées sur
les motifs de l’exclusion des femmes de l’ordination et du ministère
sacerdotal, une réflexion qui devait fournir la base de leur requête
conciliaire ultérieure (1963). C’est par maints détours que le texte de
Gertrud Heinzelmann tomba entre leurs mains. Suite à quoi, les trois théologiennes
la rencontrèrent personnellement à Münster en 1963. La même année, Rosemary
Lauer, professeur de philosophie à la St. John’s University de New York
(USA), voulut avoir des informations sur cette requête conciliaire. Elle publia
plusieurs articles consacrés au thème "femmes et Eglise" dans la célèbre
revue Commonweal et assura la traduction anglaise du texte de G.
Heinzelmann pour la presse américaine.(10)
Ces publications attirèrent
l’attention de Mary Daly. Celle-ci étudiait alors la théologie catholique à
l’Université de Fribourg, où elle fut la première Américaine à être diplômée
(1964). A l’époque, le doctorat en théologie catholique n’était pas
encore accessible aux femmes étudiant aux USA. M. Daly prit également contact
avec Gertrud Heinzelmann. Dans le courrier des lecteurs de la revue Commonweal
(14 février 1964), elle reconnut avoir éprouvé de la honte pour elle-même et
pour toutes les femmes qui, "connaissant le statut semi-humain de la femme
dans l’Eglise, ont néanmoins gardé le silence"; "dans le sens
d’une prophétie et d’une promesse" elle prévoyait la parution massive
d’ouvrages sur le thème "Femmes et Eglise".(11)
Les contacts avec les six femmes
mentionnées allaient aboutir à un livre allemand-anglais publié en 1964 par
Gertrud Heinzelmann: Wir schweigen nicht länger! Frauen äussern sich zum II. Vatikanischen Konzil.// We Won’t Keep Silence Any
Longer! Women Speak Out to Vatican Council II(12). Outre
le texte de Gertrud Heinzelmann, il comprend les requêtes conciliaires de
Josefa Theresia Münch, d’Iris Müller et de l’auteure (I.R.), ainsi que des
articles de Rosemary Lauer et Mary Daly datant de la même époque. Cet ouvrage
propose pour la première fois une analyse critique des différentes
justifications bibliques et doctrinales de l’exclusion des femmes de la
prêtrise. En conclusion, il réclame l’égalité absolue des femmes dans l’institution
ecclésiale catholique romaine. Il insiste par ailleurs sur une réforme du
langage liturgique profondément marqué par le masculin. Cette publication a
considérablement stimulé le débat public concernant l’ordination et le
ministère des femmes. De nombreux commentaires lui furent consacrés en Europe,
ainsi que des articles de presse qui se prononçaient pour ou contre les
revendications formulées dans le livre.(13)
La question des femmes au Concile Vatican II
Dès avant la parution du livre,
le pape du concile, Jean XXIII, avait par son encyclique Pacem in terris
(1963) donné une puissante impulsion au mouvement féminin se développant secrètement
au sein de l’Eglise. Ce document considérait l’émancipation des femmes
dans la société comme un "signe des temps" remarquable. Pour la
première fois dans l’histoire de la papauté, on y trouve une appréciation
positive :
"La femme, aujourd’hui de plus en plus consciente
de sa dignité humaine, est loin de se laisser considérer comme une chose sans
âme ou un simple outil; elle revendique désormais des droits et des
obligations conformes à la dignité de la personne humaine, dans la sphère
domestique comme dans la vie civile".(14)
Certes, cette constatation ne
permet pas encore d’en tirer des conclusions concernant la position de la
femme dans l’Eglise. Mais la sphère ecclésiale est évoquée dans la déclaration
suivante, qui s’applique à tous – y compris les femmes:
"En outre, les êtres humains ont le droit
intangible de choisir le mode de vie qu’ils souhaitent : fonder une famille
dans laquelle l’homme et la femme ont les mêmes droits et devoirs, ou bien se
consacrer au sacerdoce ou à la vie dans les ordres".(15)
Ces paroles de Jean XXIII,
conjointement aux requêtes conciliaires évoquées précédemment, n’ont pas
manqué d’influencer le déroulement du Concile puisque certains documents
tiendront compte, du moins dans le principe, de la question des femmes. Ce fut
le cas de la constitution pastorale Gaudium et Spes (§ 29) :
"Vu que tous les êtres humains ont une âme
raisonnable et sont créés à l’image de Dieu, vu qu’ils ont la même
nature et la même origine, vu que, sauvés par le Christ, ils ont la même
vocation et destination divine, il faut reconnaître l’égalité fondamentale
de tous les êtres humains (...). Toute forme de discrimination touchant les
droits fondamentaux de la personne dans la vie sociale et culturelle, qu’elle
soit fondée sur le sexe ou la race (...) doit être dépassée et éliminée
comme contraire au dessein de Dieu".
Au-delà, les rares textes
conciliaires traitant de la question des femmes se limitent cependant à vouloir
réformer leur situation dans le laïcat (p.ex. le décret sur l’apostolat laïc,
§ 9). Il n’en reste pas moins que certains évêques préconisent des réformes
plus audacieuses, en particulier l’archevêque Paul Hallinan (USA) qui demanda
non seulement que les femmes puissent assumer les fonctions de lecteur et
d’acolyte durant l’office divin, mais qu’on leur donne également accès
au diaconat; il réclamait aussi que les femmes puissent intervenir au niveau de
l’enseignement théologique et de la révision du Codex Iuris Canonici.(16)
Tous ces événements contribuèrent
à donner une actualité formidable au thème "Femmes et Eglise"
durant la dernière phase du concile. Plusieurs articles parurent en réaction
au livre Wir schweigen nicht länger!. L’Osservatore Romano alla
jusqu’à publier toute une série d’articles sur le thème "La donna
e il Sacerdozio".(17) L’auteur en était le père franciscain
traditionnaliste Gino Concetti. Son rejet catégorique du sacerdoce féminin se
fonde sur une collection de textes issus de la tradition – réunis sans aucun
esprit critique – qui réclament la soumission de la femme à l’homme. Sa
conclusion :
"S’il l’avait voulu (...), le
Christ aurait pu choisir des femmes pour les élever à la dignité sacerdotale.
S’il ne l’a pas fait, ce n’est point pour se conformer à une tradition
humaine en vigueur dans son entourage, mais pour respecter l’ordre de la Création
et le plan de salut qui exigent tous deux la suprématie de l’homme: celle de
l’ancien Adam et du nouveau Christ."(18)
Les théologues masculins ne
furent cependant pas les seuls à s’opposer à l’ordination des femmes; il y
avait aussi des femmes, comme l’écrivaine Ida Friederike Görres dans son
article "Über die Weihe von Frauen zu Priesterinnen".(18) Il
s’agissait d’une véritable diatribe contre les femmes : leur nature
ambitieuse, assoiffée de pouvoir, serait inappropriée au ministère sacerdotal
qui ne reviendrait qu’à l’homme, seul symbole adéquat de "l’époux"
Jésus-Christ puisqu’il a la même identité sexuelle. C’est avec beaucoup
de peine que Josefa Theresia Münch parvint à faire publier une réponse dans
la revue Der christliche Sonntag.(20) Mais les femmes traditionalistes ne furent pas les seules à manifester leur opposition; on entendit aussi des
femmes ayant reçu une formation théologique, comme p.ex. Elisabeth Gössmann.(21)
Dans son livre Das Bild der Frau heute(22) publié en 1962, elle
remarquait déjà :
"Les femmes sensées, ayant une juste compréhension
de leur place dans le peuple de Dieu, n’auraient jamais l’idée qu’il leur
manque quelque chose ou qu’elles se heurtent à une barrière parce qu’elles
ne peuvent pas recevoir le sacrement de l’Ordre."(23)
Dans un essai plus tardif, "Das
Ringen der Frau um ihr Selbstverständnis" (1964), elle nuancera néanmoins
cette affirmation en évoquant les femmes engagées dans l’assistance
spirituelle et la catéchèse, "qui, de par leur travail aux côtés des détenteurs
de la fonction sacerdotale, se voient constamment rappeler leur douloureuse
exclusion."(24) Toutefois, elle n’en tire aucune conclusion favorable à
l’ordination des femmes. A posteriori, G. Heinzelmann jugera ce comportement
(inconséquent à ses yeux, mais très répandu dans les années 60) :
"Tout en reconnaissant que les arguments
traditionnels avancés contre l’accès des femmes aux fonctions ecclésiales
ne sont pas insurmontables sur le plan historique ou exégétique, elle préfère
néanmoins maintenir la femme dans le laïcat ‘afin que celui-ci puisse, pour
la première fois dans l’histoire de l’Eglise, s’épanouir
pleinement’.(25)
En ce qui concerne ses
"projets professionnels", "la revendication du principe de parité"
lui paraissait "fort inopportune".(26)
Le débat après le concile
Dans la phase post-conciliaire,
le débat "femmes et Eglise" finit par s’étendre aux universités.
Or, ici encore plus qu’ailleurs, il avait fallu accomplir un fameux travail de
pionnier pour préparer le terrain à l’acceptation toute relative d’une réforme
de la position des femmes dans l’Eglise. La situation au département Théologie
catholique de l’Université de Münster (Allemagne) était parfaitement représentative
du climat qui régnait dans les facultés de théologie du début des années 60
: l’enseignement y était exclusivement une affaire d’hommes, tous des prêtres.
Dans leurs cours, ils diffusaient généralement une image de la femme complètement
dépassée : une "figure d’arrière-plan", inapte à la politique,
aux sciences naturelles et, bien entendu, inapte au sacerdoce et à la prédication.
Des textes bibliques où la femme n’est que "la gloire de l’homme"
(1 Co 11,7) et doit "pendant l’instruction, garder le silence en toute
soumission" (1 Tm 2,12) sont pris pour argent comptant, considérés comme
"conformes à la volonté de Dieu". Au niveau de leur vie, les
perspectives offertes aux femmes sont le mariage ou la virginité consacrée.
Les hommes engagés dans les études disposaient d’une liberté de choix
incomparablement plus grande : il allait de soi que tout l’éventail des
fonctions ecclésiales leur était également ouvert.
Dès le début des années 60,
la théologienne diplômée Iris Müller, alors étudiante, contestait
publiquement ces conceptions discriminatoires régnant dans les établissements
d’enseignement supérieur. En tant que théologienne convertie venue de l’Eglise
protestante (et future femme pasteur) elle discerna, bien plus clairement que
les catholiques accoutumées à l’adaptation, à quel point le climat
universitaire de tendance catholique romaine était rétrograde et sexiste. Elle
écrira par la suite :
"Ce que j’entendais dans les cours concernant le rôle
de la femme (...) me paraissait très choquant. J’allai donc trouver le
professeur de théologie oecuménique (...). A ma question sur les raisons empêchant
les femmes d’être ordonnées, il donna une réponse qui m’ébranla profondément.
Son argumentation était : puisque l’homme ne peut enfanter, il aurait, en
guise de compensation, le privilège de pouvoir s’approcher de l’autel,
tandis que la femme aurait le privilège de la maternité.(27)
Il est évident que ce genre de
justifications ne pouvait convaincre Iris Müller; cela contribua seulement à
renforcer sa rébellion contre la structure sexiste de l’Eglise avec ses
fioritures religieuses. Mais sa critique sincère allait lui causer de sérieux
problèmes existentiels; on menaça notamment de lui retirer sa bourse d’études,
dont elle avait absolument besoin en tant que réfugiée de la RDA.(28) Et dans
ce contexte, elle ne pouvait espérer aucune solidarité de la part des autres
étudiantes en théologie catholiques.
En tant que collègue et amie
d’Iris Müller, je (Ida Raming) devins le témoin de sa détresse matérielle
et spirituelle. Je comprenais parfaitement sa peine, conséquence concrète de
l’oppression des femmes dans l’Eglise catholique romaine, puisque j’avais
moi-même souffert de ce manque de liberté dans ma vie jusqu’alors marquée
par les normes ecclésiales. Combien je compatissais à son exclusion des
fonctions sacerdotales, uniquement motivée par son sexe féminin ! (29) En raison
de cette douloureuse expérience personnelle de femme dans l’Eglise catholique
romaine, je me sentis appelée à consacrer ma vie à tenter de dépasser ces
structures ecclésiales sexistes, qui se concrétisaient principalement dans
l’exclusion de la femme des ministères ordonnés.
C’est avec cet objectif que je
parvins, encore avant la fin du concile Vatican II, à convaincre le professeur
titulaire de droit canonique et d’histoire du droit, Peter-Josef Kessler, de
patronner ma thèse sur l’exclusion des femmes de la prêtrise et ses
fondements historico-juridiques et dogmatiques. Dans le contexte de l’époque,
c’était tout à fait exceptionnel, car les professeurs s’efforçaient
toujours – à quelques exceptions près – de prouver leur loyauté vis-à-vis
du corps enseignant ecclésial. Pour mener mes recherches, je ne disposais que
de quelques rares travaux spécialisés. Il n’existait qu’une seule thèse
critique et analytique dactylographiée relative au sacerdoce des femmes: le
travail de Haye van der Meer SJ, rédigé sous la direction de Karl Rahner. Une
étude que Rahner ne voulait pas faire publier avant la fin du Concile afin d’éviter
les représailles du corps enseignant ecclésial.(30) Finalement, cette thèse
parut en 1969 sous le titre Priestertum der Frau? Eine
theologiegeschichtliche Untersuchung.(31) Il s’agit d’une approche
critique des justifications exégétiques, historico-dogmatiques et doctrinales
de l’exclusion des femmes de la prêtrise, qui arrive à la conclusion que
tous les arguments traditionnels sont dénués de fondement et ne peuvent donc
pas justifier un ius divinum. A noter que van der Meer n’émet pas
d’opinion définitive quant à l’admission des femmes au sacerdoce. C’est
une question qu’il laisse ouverte. Et, fait significatif, il adopte une
attitude ambigüe, voire méprisante vis-à-vis des femmes aspirant concrètement
à l’ordination.(32)
Durant l’hiver 1969/70, ma thèse
fut acceptée par la Faculté théologique de l’Université de Münster, et
publiée en 1973 sous le titre Der Ausschluss der Frau vom priesterlichem Amt
– Gottgewollte Tradition oder Diskriminierung? [La femme exclue du ministère
sacerdotal – tradition conforme à la volonté de Dieu ou discrimination ?].(33) Cette publication connut maintes difficultés car les éditeurs
catholiques refusèrent de l’imprimer. Finalement, je parvins à la faire
publier par un éditeur sans attaches confessionnelles: le Böhlau-Verlag (Cologne-Vienne).
Comparée à la thèse de van
der Meer, mon étude aboutissait à des résultats plus concluants. Sur base de
nombreuses sources de l’Eglise primitive et du Moyen Age (notamment le Corpus
Iuris Canonici), je pus démontrer que l’exclusion des femmes du sacerdoce
repose sur l’idée de son infériorité ontologique et éthique. Une
notion fondée sur certains passages de la Bible – notamment Gn 2 et 3 à
propos de la création de la femme à partir de la "côte" de
l’homme et de son soi-disant péché originel – ainsi que sur l’histoire
de leur réception et de leurs répercussions. Dans la partie dogmatique de ma
thèse, j’analysai la conception traditionnelle du ministère sacerdotal, dont
l’incarnation masculine prétendument indispensable est devenue le principal
obstacle à l’ordination des femmes. A ce propos, je pus démontrer que dans
une conception du presbytérat inspirée des textes bibliques sur la communauté
et les fonctions en son sein, la participation active des femmes est tout à
fait possible.
En réponse à ces résultats
parfaitement explicites, la thèse et l’auteure durent essuyer bien des
attaques durant les années qui suivirent sa parution, attaques émanant des
milieux misogynes et conservateurs. On essaya également d’étouffer ce
travail en le passant sous silence. Mais ces méthodes de répression devaient
finalement échouer grâce aux réactions positives que ma thèse suscita à
l’étranger.
Les deux thèses de doctorat,
celle de Haye van der Meer et la mienne, furent traduites en anglais et publiées
aux USA(34) – un signe éloquent de l’intérêt croissant que cette problématique
éveillait hors d’Europe. Parallèlement à ces travaux scientifiques (et aux
textes cités), les années 60 et le début des années 70 virent paraître en
Europe divers ouvrages allant dans le même sens, e.a. ceux d’Elisabeth Schüssler,
Tine Govaart-Halkes, V.E. Hannon, Mary Daly et Placidus Jordan.(35) Ces livres
– plutôt dans le style populaire – ont permis de sensibiliser d’autres
couches de la population catholique. Même les membres d’associations féminines
catholiques traditionnelles furent ainsi amenées à questionner l’image
conventionnelle du rôle de la femme véhiculée par l’Eglise.
La sensibilisation croissante et
la circulation des informations sur la situation défavorisée des femmes dans
l’Eglise catholique romaine amorcée par les dites publications ainsi que
d’autres médias (films, revues) ne manqua pas de se répercuter sur les
organes ecclésiastiques officiels, qui se virent finalement contraints
d’aborder la question des femmes au sein de l’Eglise. La phase
post-conciliaire fut jalonnée par divers synodes épiscopaux romains ainsi que
de nombreux synodes nationaux (tant en Europe qu’ailleurs) où l’ordination
des femmes fut toujours à l’ordre du jour.
C’est ainsi que les
participant(e)s au concile pastoral néerlandais de 1970 se prononcèrent
majoritairement en faveur de l’ordination des femmes.(36) D’autres synodes
nationaux européens n’eurent pas une attitude aussi progressiste,(37) se
contentant d’émettre un vote pour le diaconat des femmes, p.ex. le synode
pastoral "1972" en Suisse, qui adopta une résolution en faveur du diaconat
des femmes et approuva la poursuite des études sur leur ministère éventuel.
Le synode commun des épiscopats de la République Fédérale d’Allemagne
(1971-1975) prit des décisions similaires.
Face à toutes ces activités en
faveur de l’ordination des femmes au niveau scientifique et synodal, les
forces résolues à maintenir le statu quo s’organisèrent dans l’Eglise
catholique romaine.
Le pontificat de Paul VI vit la
parution d’un premier document officiel (1977) s’opposant à l’admission
des femmes au ministère sacerdotal, la déclaration de la Congrégation pour la
doctrine de la foi Inter insigniores.(38) Elle suscita dans le
monde entier des réactions critiques émanant non seulement des associations féminines
catholiques romaines, mais aussi des cercles de théologiens et même de
certains membres des autorités romaines (Commission biblique et secrétariat
pour l’unité des chrétiens), qui se sentirent écartés de la rédaction
dudit document.
Sous le pontificat de Jean Paul
II, d’autres communiqués plus tranchés condamnèrent l’ordination des
femmes: la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis (1994) sur le
ministère sacerdotal réservé aux hommes, ainsi que Responsium ad dubium
(1995) de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Son préfet, le cardinal
Joseph Ratzinger, y répond "aux doutes concernant la doctrine contenue
dans la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis" en déclarant que
la doctrine (ministère sacerdotal réservé aux hommes) a un caractère
infaillible.(39)
En dépit des propos de plus en
plus virulents qui se font entendre au Vatican, de nombreux colloques pastoraux
se tiennent dans les diocèses de différents pays européens: on y prône
l’accession des femmes au diaconat et la poursuite des discussions relatives
à leur ordination (à la prêtrise).(40)
Le Réseau international du
mouvement pour l’ordination des femmes
Bien conscientes du fait que
face à la toute-puissante hiérarchie patriarcale-cléricale, des femmes
isolées ne pourront jamais faire adopter des réformes, plusieurs organisations
féminines ont vu le jour au sein de l’Eglise, surtout depuis Vatican II (en
Europe et ailleurs).(41) Elles défendent la cause de l’ordination des femmes
dans l’Eglise catholique romaine.
Il faut citer en premier lieu l’Alliance
internationale Jeanne d’Arc, une organisation majeure fondée à
Londres dès 1911 et qui militait initialement pour le droit de vote des femmes.
Pendant le concile Vatican II, ce fut la seule organisation féminine à réclamer
la parité juridique des femmes dans l’Eglise catholique romaine.(42) Une
parité qu’elle veut voir appliquer dans tous les domaines, dans l’Eglise
comme dans la société.
Parallèlement, les
organisations ou associations suivantes se sont manifestées en Europe par des
publications, des brochures et des actions pour l’ordination des femmes:
Catholic
Women’s Ordination (CWO) au Royaume-Uni,
Brothers and Sisters in
Christ (BASIC) en Irlande,
Stichting VrouwMens aux Pays-Bas
et,
en Allemagne, le Verein Maria von Magdala – Initiative
Gleichberechtigung für Frauen in der Kirche.
Ces organisations se sont
regroupées avec des associations ou groupes similaires d’autres pays et
continents; en 1996, elles ont formé le Réseau Women’s Ordination
Worldwide (WOW) afin de pouvoir agir de façon plus visible et efficace
dans la sphère publique en vue d’appuyer l’ordination des femmes et leur
pleine égalité dans le domaine ecclésial. Désormais, le Mouvement pour
l’ordination des femmes bénéficie aussi du soutien du mouvement
"Peuple de l’Eglise" qui naquit dans les pays européens
(surtout l’Autriche) et est devenu depuis 1996 le International Movement We
Are Church (IMWAC).
Résumé
En guise de résumé et de
conclusion, je voudrais souligner quelques résultats intéressants.
1. La première impulsion en
faveur du Mouvement pour l’ordination des femmes dans l’Eglise catholique
romaine est partie d’Europe, pour être reprise et amplifiée ensuite dans
d’autres pays (spécialement les USA).(43)
2. Le fait que dans d’autres
Eglises chrétiennes de nombreux pays les femmes sont ordonnées depuis assez
longtemps, jouant ainsi un rôle de "pionnières", a manifestement
encouragé le mouvement pour l’ordination des femmes émergeant au sein de
l’Eglise catholique romaine.(44)
3. Le véritable début et la
continuation du mouvement sont dus à l’engagement des femmes que leur
vocation religieuse appelle au ministère sacerdotal et qui – en dépit de
toutes les résistances – ne renoncent pas à lutter pour la reconnaissance de
la dignité humaine et de la pleine participation des femmes à la vie de l’Eglise.
4. Jusqu’à présent, le
mouvement pour l’ordination des femmes dans l’Eglise catholique romaine
n’a pu atteindre son objectif, bien au contraire: il se heurte continuellement
au refus catégorique émanant du Pape et du Vatican. Face à cette privation de
droits et cette humiliation des femmes, tous les fidèles souhaitant des réformes,
non seulement dans l’Eglise catholique romaine mais aussi dans les autres
confessions chrétiennes, se sentent mis au défi. Il s’agit de faire
triompher la promesse biblique "dans le Christ (...) il n’y a ni homme ni
femme" (Ga 3, 28) dans les structures de toutes les Eglises chrétiennes.
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Traduction de l’allemand par
J.R.
Die
Forderung nach der Frauenordination in der römisch-katholischen Kirche wurde in
offizieller Form erstmals beim Zweiten Vatikanischen Konzil (1962-1965) gestellt.
An erster Stelle richtete die Schweizer Juristin Dr. Gertrud Heinzelmann (+
1999) eine entsprechende Eingabe an das Konzil, der weitere von deutschen
Theologinnen folgten. Die Diskussion über die Stellung der Frauen in der römisch-katholischen
Kirche und die Frauenordination ging somit von Europa aus und wurde vor allem in
den USA verstärkt aufgegriffen. Die abweisenden Reaktionen des kirchlichen
Lehramtes zur Frauenordination (1977, 1994, 1995) konnten die Forderung nach der
Frauenordination nicht zum Verstummen bringen. Verschiedene Frauenorganisationen
in europäischen Ländern, die in einem weltweiten Netzwerk mit ähnlichen
Organisationen in anderen Kontinenten verbunden sind, engagieren sich weiterhin
öffentlich dafür und damit für volle Gleichberechtigung der Frauen in der römisch-katholischen
Kirche.
The
ordination of women was first officially demanded in the Roman Catholic Church
during the Second Vatican Council (1962-1965). Dr Gertrud Heinzelmann (+1999), a
Swiss lawyer, stated her case; her example was followed by a number of German
women theologians. The discussion about the position of women in the Roman
Catholic Church, and in particular about the ordination of women, thus began in
Europe; it was taken up elsewhere, particularly in the USA. The negative
reactions expressed in the teaching documents of the ecclesiastical hierarchy
(1977, 1994, 1995) have not been able to silence the demand for the ordination
of women. Women’s organisations in a number of European countries, linked into
a world-wide network with similar organisations in other continents, continue to
fight publicly for the ordination of women and thus for the full equality of
women in the Roman Catholic Church.
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NB. Ida Raming (née en 1932), diplômée en 1970 avec sa thèse Der
Ausschluss der Frau vom priesterlichem Amt. Assistante scientifique au département
Théologie catholique de l’Université de Münster (1968-1972); ensuite engagée
dans l’enseignement secondaire (1972-1994), tout en s’occupant de la
formation des adultes et en étant chargée de cours dans des écoles supérieures
de théologie. De 1984 à 1993, membre consultatif de la section "Théologie
féministe" de la revue internationale Concilium. Nombreuses
publications dans le domaine des études féminines historico-théologiques.
1. Dans cette étude (limitée
dans l’espace) je me contenterai d’évoquer dans ses grandes lignes la
naissance et le développement du mouvement pour l’ordination des femmes dans
l’Eglise catholique romaine d’Europe. La prise en compte de toutes les
confessions chrétiennes ne pourrait se faire que dans un projet de recherche
beaucoup plus vaste. Mais les textes suivants permettent d’observer des
tendances similaires dans d’autres Eglises chrétiennes: "Darum wagt
es, Schwestern...". Zur Geschichte evangelischer Theologinnen in Deutschland, édité par le Frauenforschungsprojekt zur Geschichte
der Theologinnen Göttingen (Neukirchen-Vluyn: Neukirchener Verlag 1994); Dagmar
Herbrecht/Ilse Härter/Hannelore Erhart (éd.), Der Streit um die
Frauenordination in der Bekennenden Kirche, Quellentexte zu ihrer Geschichte im
Zweiten Weltkrieg, (Neukirchen-Vluyn: Neukirchener Verlag 1997)
(protestant); Jacqueline Field-Bibb, Women Towards Priesthood. Ministerial Politics and Feminist Praxis (Cambridge: Cambridge University Press 1991); Susan
Dowell/Jane Williams, Bread, Wine and Women. The Ordination Debate in the Church of England (London: Virago Press 1994) (méthodiste et anglican); Urs von Arx, « Die
Debatte über die Frauenordination in den Altkatholischen Kirchen der Utrechter
Union », Denise Buser/Adrian Loredan (éd.), Gleichstellung der Geschlechter.
Ein Beitrag zur menschenrechtlichen und ökumenischen Diskussion, Freiburger
Veröffentlichungen zum Religionsrecht 3 (Freiburg/Schweiz Universitätsverlag
1999), 165-211; Angela Berlis, « L’Ordination des Femmes – Pierre de Touche
de la Conciliarité », Concilium 35 (1999), n° 279, 105-112 (vieux-catholique); Elisabeth Behr-Sigel, Le
ministère de la femme dans l’Eglise (Paris 1987); Thomas Hopko (éd.), Women
and the Priesthood, (Crestwood N.Y.: St Vladimir’s Seminary Press 1999; 2,
édition très remaniée) (orthodoxe). Voir aussi la bibliographie
compilée par J.A. van Eyden dans: Haye van der Meer, Priestertum der Frau?
Eine theologiegeschichtliche Untersuchung, Quaestiones disputatae 42
(Freiburg: Herder-Verlag 1969) 197-213, ainsi que la bibliographie accompagnant Frau
und (Priester-)Amt dans: Ida Raming/Gertrud Jansen e.a. (éd.), Zur
Priesterin berufen. Gott sieht nicht
auf das Geschlecht. Zeugnisse römisch-katholischer Frauen (Thaur: Druck- und Verlagshaus Thaur 1998) 248-255.
2. Citation
d’après Ida Raming, Frauenbewegung und Kirche. Bilanz eines 25jährigen
Kampfes für Gleichberechtigung und Befreiung der Frau seit dem 2. Vatikanischen
Konzil (Weinheim: Deutscher Studien Verlag 21991), 24.
3. Gertrud
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung. Beiträge zum kirchlichen
Feminismus (Bonstetten: Interfeminas Verlag 1986), 90.
4.
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung, 96.
5. Cf.
ibid. 109.
6. Ibid.
97.
7. Ibid.
112.
8. Ibid.
90.
9. Cf.
Raming e.a. (éd.), Zur Priesterin berufen, 53.
10.
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung, 122 sq.
11. Ibid. 123.
12. Interfeminas-Verlag Zürich,
fondé par G. Heinzelmann car aucun éditeur catholique romain n’était disposé
à l’imprimer.
13. Pour plus de détails cf.
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung, 130 sq. avec les notes
correspondantes.
14. Encyclique du pape Jean
XXIII, 11 avril 1963: Pacem in terris, Agence de presse catholique Bonn
(KNA) 1963, § 41.
15. Ibid.,
§ 15.
16. Cf. à
ce sujet Gertrud Heinzelmann, Die getrennten Schwestern. Frauen nach dem
Konzil (Zürich: Interfeminas-Verlag 1967), 78 sq. et l’ensemble; ici, Die
geheiligte Diskriminierung, 138.
17. Osservatore Romano du
8, 9, 11 et 12 novembre 1965.
18. Cité
d’après Heinzelmann, Schwestern, 99.
19. Der
christliche Sonntag (= CS) du 20.06.1965.
20. « Sollen
die Frauen in der Kirche schweigen? », CS du 15.08.1965, et « Katholische
Priesterinnen? », CS du 10.10.1965.
21. Cf. Heinzelmann, Die
geheiligte Diskriminierung, 132 sq., dont sont également tirées les
citations et les éléments bibliographiques suivants.
22. (Düsseldorf:
Haus der katholischen Frauen 1962).
23. Ibid.,
24.
24.
Elisabeth Gössmann, « Das Ringen der Frau um ihr Selbstverständnis »,
Michael Schmaus/Elisabeth Gössmann (éd.), Die Frau im Aufbruch der Kirche,
Theologische Fragen heute 5 (Münich: Max Hueber Verlag 1964), 90-120, ici 119.
25.
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung, 133. Cf. Gössmann, « Das
Ringen der Frau », 120.
26.
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung, 133.
27. Raming
e.a. (éd.), Zur Priesterin berufen, 49 sq.
28. Ibid.
47-51; présentation plus exhaustive des problèmes in: Gerburgis Feld/Dagmar
Henze/Claudia Janssen éd.), Wie wir wurden, was wir sind. Gespräche mit
feministischen Theologinnen der ersten Generation (Gütersloh: Gütersloher
Verlagshaus 1998), 60-67, ici: 62 sq.
29. Détails
in: Raming e.a. (éd.), Zur Priesterin berufen, 78-87.
30. Cf.
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung, 128.
31. Cf. van
der Meer, Priestertum der Frau. Le titre initial de la thèse était: Theologische
Überlegungen über die Thesis: ‘subjectum ordinationis est solus mas’
(Innsbruck 1962).
32. Cf.
Heinzelmann, Die geheiligte Diskriminierung, 147.
33. Avec le
sous-titre: Eine rechtshistorisch-dogmatische Untersuchung der Grundlagen von
Kanon 968 § 1 des Codex Iuris Canonici (Cologne-Vienne: Böhlau Verlag
1973).
34. Le travail de H. van der
Meer fut publié en 1973 (Philadelphia: Temple University Press), celui de l’auteure
en 1976 (Metuchen, N.J.: The Scarecrow Press).
35. Citons
e.a. Elisabeth Schüssler, Der vergessene Partner. Grundlagen, Tatsachen und
Möglichkeiten der beruflichen Mitarbeit der Frauen in der Heilssorge der Kirche
(Düsseldorf: Patmos-Verlag 1964); Tine Govaart-Halkes, Storm na de stilte. De plaats van de vrouw in de Kerk (Utrecht: De Fontein 1964), version allemande: Frau
– Welt – Kirche. Wandlungen und Forderungen (Graz: Styria Verlag 1966);
V.E. Hannon, The Question of Women and the Priesthood (London: G. Chapman
1967); Mary Daly, Frau und Sexus (Olten: Walter-Verlag 1970), une
traduction de l’édition originale américaine The Church and the Second
Sex (London/Dublin/Melbourne: Geoffrey Chapman 1968); Placidus Jordan, Die
Töchter Gottes. Zum Thema Frau und Kirche (Frankfurt a.M.:
Josef-Knecht-Verlag 1973). - Parmi le nombre croissant d’articles de presse,
signalons: Josef Funk, « Klerikale Frauen? » , in: Österreichisches
Archiv für Kirchenrecht 14 (1963), 271-290; René van Eyden, « Die Frau im
Kirchenamt. Plädoyer für die Revision
einer traditionellen Haltung », Wort und Wahrheit 22 (1967), 350-362;
Jan Peters, « Die Frau im kirchlichen Dienst », Concilium 4 (1968),
293-299; Joan Brothers, « Frauen im kirchlichen Amt », Concilium 8
(1972), 760-766.
36. Cf. Herder-Korrespondenz
24 (1970) 57, 130.
37. Voir
synthèse in: Raming, Frauenbewegung, 41 sq.
38. Détails
chez Raming, Frauenbewegung, 43-50.
39. Les textes des documents
ecclésiastiques officiels ainsi que leur analyse critique (I.R.) in: Walter Groß
(éd.), Frauenordination. Stand der
Diskussion in der katholischen Kirche (Münich:
Erich Wewel Verlag 1996).
40.
Compte-rendu exhaustif de Dorothea Reininger, Diakonat in der Einen Kirche
(Ostfildern: Schwabenverlag 1999), en part. 50-55.
41. Pour la présentation des
différentes organisations européennes (et non-européennes) cf.: Raming e.a. (éd.),
Priesterin, 237-247; et aussi: Iris Müller/Ida Raming, Aufbruch aus männlichen
‘Gottesordnungen’. Reformbestrebungen
von Frauen in christlichen Kirchen und im Islam (Weinheim: Deutscher Studien Verlag 1998), 53-64.
42. Résolutions
partiellement reprises in: Heinzelmann, Wir schweigen nicht länger!, 77
sq. et 111 sq.
43. Également Leonard et Arlene
Swidler (éd.), Women Priests. A
Catholic Commentary on the Vatican Declaration (New
York: Paulist Press 1977), 5.
44. Compte tenu du refus persistant des autorités catholiques, l’action oecuménique pour la promotion et l’approbation de l’ordination des femmes dans l’Eglise catholique romaine (et l’Eglise orthodoxe) doit absolument passer au niveau institutionnel. Il existe déjà quelques formes de collaboration, p.ex. entre les mouvements pour l’ordination des femmes catholique romain et anglican au Royaume-Uni; mais elles se situent rarement à un niveau institutionnel organisé, nécessaire pour faire adopter des réformes dans le domaine ecclésial et politique.
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