CHRÉTIENS D'AUJOURD'HUI
Pour des Communautés d'Église obsédées par le service de l'Humanisation de leur société !

Consultez le Sommaire de Chrétiens d'aujourd'hui et choisissez selon votre appétit !  

Si vous souhaitez m'écrire : canonge.paul@wanadoo.fr
Nous sommes le

   ACCUEIL   

   NEWS SOCIETE    

   NEWS EGLISE        ESPOIRS         NEWS D'AILLEURS            LECTURES      LIENS et CONTACT 
+ HUMOUR

LE  PROBLEME DU CELIBAT ECCLESIASTIQUE…

 

Il est de plus en plus remis en question et a toujours été difficilement observé depuis son imposition au XI siècle. De nos jours,  l’imposition du célibat pour devenir prêtre est  un problème d’actualité,  suite à des affaires concernant le célibat ecclésiastique..

Nombre de responsables religieux souhaitent la modification de l'obligation du célibat pour devenir prêtre. Le célibat n’est pas exigé par la nature du sacerdoce comme le montre la pratique de l’Eglise primitive et des premiers siècles de l’Eglise. Il n’a jamais été imposé par le Christ à ses apôtres qu’il avait choisis mariés. Ceux-ci n’imposèrent à personne cette obligation lorsqu’ils choisirent leurs successeurs ! Tout ce qu’ils demandèrent c’est de choisir, non pas un célibataire, mais un témoin  de la vie de Jésus depuis le commencement jusqu’à sa mort.

Les Actes des Apôtres, rapportent d’ailleurs la guérison de la belle-mère de Saint Pierre par le Christ lui-même. La tradition nous apprend que Saint Pierre avait deux filles. D’ailleurs, le sacerdoce Lévitique était héréditaire. Saint Jean Baptiste, dont la mère était la cousine de la Vierge Marie, mère de Jésus, était lui-même fils de Zacharie, prêtre du temple. Les prêtres étaient tous mariés selon l’usage. Le Christ ne modifia en rien ce respect de la vie normale des individus.

Le texte de la genèse le dit: "Il n’est pas bon pour l'homme d'être seul; donnons-lui une compagne".

  L’Eglise Orthodoxe a respecté la tradition Apostolique dont Saint Paul a précisé les données dans sa lettre à Thimothée.I.3 « Que le dirigeant de l’Eglise soit le mari d’une seule femme… qu’il soit capable de bien diriger sa famille, et d’obtenir que ses enfants lui obéissent, car si un homme ne sait pas diriger  sa propre famille, comment pourrait-il prendre soin de l’Eglise de Dieu ? »

Dans un autre passage d’une de ses lettres aux chrétiens de Corinthe, Paul écrit ceci : « N’ai-je pas le droit d’emmener avec moi, une épouse chrétienne, comme le font les apôtres, les cousins du Seigneur et Pierre ? »  I.Cor.9.

 Ceci a été la pratique des premiers temps apostoliques. Par contre, le célibat concernait obligatoirement les moines La vocation du célibat est grandiose dans son objectif et très respectable. C’est la consécration à Dieu de tout son être. C’est le don le plus généreux qui soit. Nombre de saints connus ou ignorés ont vécu cet état d’une manière admirable et sanctifiante. Il n’est nullement question d’y porter atteinte. Le vrai problème est celui de son obligation pour devenir prêtre, dans l’Eglise Romaine. Or, tout candidat au sacerdoce n’a pas les possibilités de s’engager toute sa vie dans le célibat. D’autant que les jeunes vocations sacerdotales ou même monastiques, suscitées par la générosité de la jeunesse, risquent souvent de se révéler difficilement supportables à l’âge de la maturité. Les exemples nombreux sont là pour confirmer la réalité douloureuse de ce  problème.

On le sait, les monastères furent des bases de rayonnement pastoral et d’Evangélisation.

C’est ainsi que nombre d’évêques furent progressivement choisi parmi les moines.

Mais, dès le quatrième siècle, une tendance générale, sous l’influence des moines,  se manifesta pour adopter les coutumes monastiques. Le synode diocésain d’Elvire et plus tard le concile de Nicée tentèrent d’imposer ce point de vue. Les Evêques Papnuce et Dionysius protestèrent vivement contre cette intrusion des moines dans la vie cléricale. Ils invoquèrent la pratique apostolique selon laquelle le célibat n’était pas lié au sacerdoce.

Synsius, évêque de Ptolémaïs, écrivit aux fidèles de son diocèse une lettre pastorale pour protester contre  cette volonté des moines à imposer leurs lois au clergé diocésain.

« Je ne puis cacher ce que je veux que tout le monde sache bien, Dieu, par la main sacrée de Théophile, évêque d’Alexandrie, m’a donné une épouse. Or je déclare hautement que je n’entends ni me séparer d’elle, ni avoir des relations clandestines avec elle, à la manière des adultères. La séparation serait impie, les rapports clandestins contraires à la règle du mariage. Je veux donc avoir d’elle de nombreux enfants »…

Un langage clair et honnête, tout à l’opposé d’une hypocrisie ecclésiastique de circonstance.

Saint Grégoire, évêque de Sasime, eut, étant déjà promu à l’épiscopat, un fils qui devint plus tard Grégoire de Naziance. Saint Athanase y fit allusion dans une lettre relative aux évêques mariés et pères de famille.

A Clermont, en Auvergne, Appolinarius, évêque, fut le troisième successeur de son père Sidoine.

A Limoges, Ruricius II, petit-fils de Ruricius, le remplaça comme évêque.

Les deux fils de Saint Eucher de Lyon, devinrent évêques ; l’un Sidonius à Genève, l’autre Veranus à Vence. L’Evêque Grégoire fut remplacé par ses deux fils, Aristaxés et Urathènes qui lui succédèrent l’un après l’autre.

Cette tradition Apostolique du choix des nouveaux disciples mariés, nous est aussi rapportée par les actes des Apôtres.

Lorsqu’il fut question de remplacer Judas dans le collège Apostolique, on ne posa qu’une seule condition : avoir été le témoin de la vie et de la prédication du Seigneur. Il ne fut nullement question de célibat !

L’Eglise a rendu obligatoire ce qui n’était qu’un conseil laissé à la vocation de chacun.  D’ailleurs, ce célibat ecclésiastique fut très difficilement  observé.

Quant on voyait à la cour pontificale les fils bâtards des papes Borgia et bien d’autres, occuper les meilleurs places à la cour pontificale, il était assez difficile d’obtenir du clergé un célibat authentique ! Rien d’ailleurs dans la tradition authentique ne fonde une telle exigence. La preuve c’est que 39 papes furent mariés et eurent des enfants. Beaucoup de catholiques ignorent ce passé historique et le fait de le rappeler n’est pas une atteinte portée à l’honneur de l’Eglise.

L’histoire est ancrée dans la vie des hommes et prouve tout simplement la réalité de leur humanité.  

Damasus I (366-384) fils d’un prêtre de Lorenzo à Rome

Innocentius I (401-417) fils du pape Anastasius I

   Bonifacius I (418-422) fils du prêtre romain Jocundus

Felix II (483-492) fils d’un prêtre romain.

Anastasius II (496-498) fils du prêtre Pierre

Agapitus I (535-536) fils du prêtre Gordianus

Silverius  (536-537)Fils du Pape Hormisdas

Deusdedit (615-618) fils du sous-diacre Stephanus

Thédorus I (642-649) fils d’un évêque grec de Jérusalem

Marinus I(882-884)fils d’un prêtre de Gallese en Toscane

Bonifacius I (fils de l’èvêque Hadrianus

Stephanus VI (896-897) fils d’un prêtre romain.

Johannes XI ( 931-935) fils du Pape Sergius III

Johannes XV (989-996) Fils du prêtre romain Léo.

 

D’autres Papes eurent des enfants : 

Anastasius I(339-401) un fils qui devint le Pape Innocentius I

Felix II (453-492) deux enfants.

Adrianus VI (867-872) une fille.

Sergius III (904-911) un fils qui devint le Pape Johannes XI

Clemens IV (1265-1268) fut veuf avec deux filles

Pius II ( 1458-1464) deux enfants. Deux épouses illégitimes.

Innocentius VIII (1484-1492) sa fille fut mariée au Vatican.

Alexander VI ( 1492-1503) deux enfants qu’il a nommés cardinal

Julius II (1503-1513) trois fils et une fille.

Paulus III (1534-1549) trois fils

Gregorius XIII ( 1572-1585) Un fils.

 

Une statistique du XVéme siècle, faite uniquement pour la Bourgogne, montrait que la moitié des enfants naturels étaient fils de prêtres.

Le pape Léon XIII avait raison de proclamer : « Aucune loi humaine ne pouvait enlever à personne le droit naturel et primitif du mariage… Aucune ne peut limiter, en quelque manière que ce soit, le but primaire de cette institution introduite par Dieu dans la création ».

L’obligation du célibat échappait certainement à cette loi ! Cependant, le célibat n’est absolument pas exigé par la nature du sacerdoce, comme le montre la pratique de l’Eglise Apostolique et la tradition séculaire de l’Eglise des premiers siècles ainsi que la pratique toujours actuelle de l’Eglise Orthodoxe.

Au Concile de Vatican II, la question fut posée par nombre d’évêques.

A Médélin, un grand nombre d’évêques était favorable à un débat sur l’abolition du célibat.

Mais là encore, la question fut soustraite de l’ordre du jour par autorité de la Nonciature.

Les évêques hollandais s’étaient engagés au mois de novembre 1968 à plaider à Rome le sacerdoce conféré à des pères de famille. Mais ils durent y renoncer à cause de l’hostilité de la curie Romaine. En Zambie, au cours de l’Assemblée plénière de juillet 1968, l’épiscopat reconnut la nécessité pour son pays de conférer le sacerdoce à  des gens mariés. En union Sud Africaine, du 26 au 28 septembre 1968, la session de Mariam Hill où étaient présents deux archevêques et un évêque ont voté en faveur de l’abolition de la loi du célibat.

Mgr Hurley a dit clairement pourquoi il était favorable à cette solution :

1° Des jeunes choisissent librement cet état par générosité, mais ils le supportent mal lorsqu’ils arrivent à l’âge mûr. Ils deviennent renfermés et n’arrivent pas à se donner aussi pleinement à leur ministère que s’ils avaient leur propre famille.

2° Les besoins de l'Eglise le requièrent en raison de la pénurie de prêtres en Amérique Latine, en Afrique et en Asie où il faut un clergé marié. La question resurgit à Metz, au colloque sur la formation des prêtres. Les sondages ont révélé que la majorité des prêtres souhaitaient l’abolition du célibat, et cela approuvé par les fidèles. La proportion atteint 90% au Brésil en 1969.

Participant au Concile de Vatican II, le Patriarche Maximos Saigh IV écrivait au sujet de l’ordination d’hommes mariés : « Nous croyons qu’un retour pur et simple à l’ancienne et authentique tradition de l’Eglise serait la bienvenue du chrétien averti et du clergé ouvert aux réalités de la vie. Ce serait la paix des âmes et la liberté de conscience ».

« Mon intention est uniquement d’exposer et d’expliquer l’usage oriental du clergé marié. En effet, le texte du schéma que l’on nous propose expédie en trois lignes cette vénérable institution qui remonte aux apôtres, comme un usage juste et toléré ! Ce problème trouble la conscience de plus d’un évêque. Nous recevons sans cesse des confidences de prêtres connus pour leur piété et leur zèle et qui nous prient d’élever la voix et de forcer le silence…

Trop de candidats sont écartés du sacerdoce à cause des difficultés grandissantes du célibat, une foule d’hommes mariés pourrait servir l’Eglise dans le sacerdoce » . Tout ce que je demande à votre sainteté, poursuivait le Patriarche Maximos IV, en s’adressant à Paul VI, c'est que la porte ne soit pas systématiquement fermée ".

Cette intervention écrite du patriarche fut vivement remarquée. La présence à Rome des évêques catholiques des Eglises Orientales dont le clergé est marié, obligea le Concile Vatican II à rendre hommage à ces prêtres et à reconnaître officiellement qu’au sein de l’Eglise Catholique Romaine, il y avait deux clergés : un célibataire et l’autre marié.

C'est ainsi que Paul VI dut rendre hommage au clergé marié des églises catholiques orthodoxes et orientales uniates. « Le concile avec toute son affection, exhorte les hommes mariés qui ont été ordonnés prêtres à persévérer dans leur sainte vocation et dans le don total et généreux de leur vie au troupeau qui leur est confié » . Mais la porte ouverte demandée par le Patriarche Maximos IV fut bel et bien fermée!

 Le 24 juin 1967, le Pape  proclamait son encyclique « Sacerdotalis Coelibatus » qui maintenait le célibat romain pour raison de convenances !

Le célibat doit être un libre choix, il ne peut être imposé pour devenir prêtre. Il doit être l’expression d’une libre consécration à Dieu et en cela il est infiniment respectable et doit être encouragé pour ceux qui en sont capables, mais en aucune manière il ne doit être imposé ni obligatoire pour exercer le ministère sacerdotal.

Nous pensons que par la force des choses, l’ouverture se fera un jour. L’ordination diaconale, conférée à des hommes mariés, est déjà un pas de franchi dans cette direction !

La solution adoptée à l’Eglise Sainte Marie est celle de la tradition Apostolique, celle de l’Eglise Orthodoxe, celle de toutes les Eglises catholiques non romaines ou  unies à Rome :  tels que les Uniates, les Catholiques Orthodoxes, les Catholiques Melkites ainsi que celle de toutes les autres Eglises chrétiennes indépendantes de Rome dans le monde entier.

Tous nos fidèles de l’église Sainte Marie approuvèrent ce retour à la tradition Apostolique, celle du respect de la vocation particulière de chacun pour le service de Dieu et de l’Eglise.

            Ce retour à la pratique apostolique pour l'ordination de pères de famille dans l'Eglise Romaine serait de nature à éviter les scandales qui défrayent les chroniques des journaux en ce moment et la souffrance de nombreux prêtres.

            Quant cette Eglise Romaine reviendra-t-elle à la sagesse des temps apostoliques qui laissait à chacun le choix de servir le seigneur dans la vocation qui était la sienne : Célibat ou mariage ?

            Cette sagesse, a été comprise et approuvée par des centaines de millions de fidèles des Eglises catholiques uniates, des églises Orthodoxes  et de toutes les  autres églises chrétiennes de par  le monde.

            Cela fait bientôt 40 ans que nous avons choisi en l’Eglise Sainte Marie la pratique des églises catholiques unies à Rome, qu’on appelle les églises uniates !

              Espérons qu’un jour, l’Eglise Catholique romaine reviendra à la pratique de ses origines apostoliques ! Mais que d’erreurs, que de souffrances imposées au nom d’une loi qui n’a rien à voir avec les obligations du  ministère sacerdotal.

La première mission de l’Eglise est d’annoncer la bonne nouvelle de l’Evangile par des hommes dont l’équilibre psychique et humain doit être respecté et non détruit  par des lois contre nature ou arbitraires.

 Le droit à la liberté du choix sera-t-elle un jour enfin reconnu par une Eglise qui se prétend lumière  du monde ?

N’est-ce pas le minimum que l’on puisse attendre d’une institution ecclésiastique qui se réclame de la sagesse, du respect des autres, de l’amour de Dieu et dont la mission essentielle n’est pas de faire des célibataires, mais d’annoncer la bonne nouvelle de l’Evangile ?                                                                            

                       Père Maurice Cantor 

                                            Eglise Sainte Marie B.P. 5. 76131 Mont Saint Aignan cedex /  Tel. 02 35 59 82 59 

Retour en Haut de page
Retour au Sommaire  
 

 

marqueur eStat'Perso

CHRÉTIENS D'AUJOURD'HUI
Copyright © 2010 Paul Canonge. Tous droits réservés.
Mise à jour le lundi 15 novembre 2010