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Une pétition pour demander la fin du célibat des prêtres

France Info - 5 février 2011

Plus de 140 théologiens allemands, autrichiens et suisses ont signé un texte un peu particulier : la pétition demande une réforme de fond de l’Eglise catholique. Fin du célibat, ordination des femmes, acceptation de l’homosexualité, entre autres...

Cette fois, tout est mis sur la table. Les derniers tabous de l’Eglise catholique, en somme : le célibat des prêtres, l’ordination des femmes... Et ceux qui en parlent ne sont pas n’importe qui.

Plus de 140 théologiens allemands, suisses et autrichiens ont signé une pétition, qui appelle à une réforme de fond de l’Eglise de Rome.
Intitulée "Eglise 2011 : un renouveau indispensable", elle est parue hier dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeintung.

Les 143 signataires, pour la plupart enseignants dans des universités germanophones, estiment que 2011 doit être l’année d’un nouveau départ pour l’Eglise. Parce que l’an dernier a vu un nombre sans précédent de fidèles quitter l’église catholique.
Une fois ce préalable posé, le texte entre dans le vif du sujet : “L’Eglise a besoin de prêtres mariés et de femmes pour occuper les postes de l’église” et il ne faut pas qu’elle rejette “ceux qui partagent amour, fidélité et peines réciproques au sein d’un partenariat de même sexe, ou ceux divorcés qui décident de mener une vie responsable au sein d’un nouveau mariage”.

 

La fin du célibat des prêtres ? La proposition enthousiasme Dominique Venturini,  présidente de Plein Jour, une association de soutien aux compagnes de prêtres et de religieux qui milite pour la fin du célibat des prêtres.  (0'48")

 

 

C’est la première fois depuis 1989 et "la déclaration de Cologne" de 220 enseignants et théologiens contestant l’autoritarisme du pape Jean Paul II que des théologiens se prononcent de façon si critique en Allemagne, selon le quotidien.
Le pape Benoît XVI, lorsqu’il n’était encore que Joseph Ratzinger, théologien allemand, s’était lui même interrogé sur l’obligation de célibat qui incombe aux prêtres catholiques... Il faisait partie d’un groupe de neuf théologiens allemands qui, en février 1970, avaient adressé un mémorandum aux évêques d’Allemagne leur demandant d’étudier si une telle pratique était réellement nécessaire.
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 Mémorandum des théologiens  (Traducteur : Michel MAY).

« L’ÉGLISE EN 2011 ;  prendre un nouveau départ est une nécessité »

143 théologiens ont signé le catalogue de réformes, jusqu’à maintenant. Les théologiens y réclament de profondes réformes de l’Église catholique. Lisez ci-dessous le memorandum complet.

Il s’est bien passé un an depuis que des cas d’abus sexuel commis par des prêtres et des congréganistes sur des enfants et des adolescents au sein du collège Canisius de Berlin ont été rendus publique. Suivit une année qui plongea l’église catholique en Allemagne dans une crise sans pareil. Aujourd’hui, l’image qui est donnée est ambiguë : beaucoup de choses ont été entamées pour rendre justice aux victimes, surmonter l’injustice, pister les causes des abus, du silence et de la morale équivoque dans les propres rangs. Après avoir commencé par éprouver de l’effroi, de nombreuses chrétiennes et de nombreux chrétiens - occupant ou non des fonctions - ont pris conscience que de profondes réformes sont nécessaires. L’appel à un dialogue ouvert sur les structures de pouvoir et de communication, sur l’organisation de la fonction ecclésiale et la participation des croyants aux responsabilités, sur la morale et la sexualité a éveillé des espoirs, mais aussi des craintes. Est-on en train de perdre ce qui est peut-être la dernière chance de sortir de la paralysie et de la résignation en attendant que la crise se passe ou en la minimisant ? Le remous d’un dialogue ouvert et sans tabou n’inspire pas confiance à tout le monde, encore moins quand s’annonce une visite papale. Mais il ne saurait encore moins être question de l’alternative suivante : un silence de tombe car les derniers espoirs ont été détruits.

 La profonde crise de notre église exige aussi d’aborder ces problèmes qui à première vue n’ont pas à voir directement avec le scandale des abus et leur passage sous silence durant des dizaines d’années. En tant que professeurs de théologie nous n’avons pas le droit de nous taire plus longtemps. Il est de notre responsabilité de contribuer à un véritable nouveau départ. Pour l’église, 2011 doit devenir l’année d’un nouveau départ. Jamais les chrétiens n’ont été aussi nombreux à quitter l’église que l’année passée; ils ont refusé d'obéir dorénavant à l’autorité ecclésiale ou ont privatisé leur vie de foi pour la protéger de l’institution. L’église doit comprendre ces signes et elle-même quitter des structures ossifiées pour regagner nouvelle vitalité et crédibilité.

Le renouvellement de structures ecclésiales ne réussira pas en s’isolant craintivement de la société, mais seulement en ayant le courage de s’autocritiquer et d’accepter des impulsions critiques, venues aussi de l’extérieur. Cela fait partie des leçons de l’année passée. La crise des abus n’aurait pas été traitée de manière aussi décidée sans l’accompagnement critique des gens. L’Église ne peut regagner de la confiance qu’en communiquant ouvertement. L’Église ne sera crédible que si l’image qu’elle donne d’elle-même et l’image perçue par les personnes qui lui sont extérieures ne divergent pas. Nous nous adressons à tous ceux qui n’ont pas encore renoncé à espérer un nouveau départ au sein de l’Église et qui s’engagent en faveur de celui-ci. Nous nous inspirons de signaux pour un nouveau départ et un dialogue que quelques évêques ont posés dans des discours, sermons et interviews durant les derniers mois.

L’Église n’est pas un but en soi. Elle a pour mission d’annoncer le Dieu libérateur et aimant de Jésus-Christ à tous les hommes. Elle ne peut remplir cette mission que si elle est elle-même un lieu et un témoin crédible du message de liberté de l’évangile. Son discours et son action, ses règles et structures – toute sa façon de faire avec les gens à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Église – doivent répondre à l’exigence suivante : reconnaître et développer la liberté des Hommes en tant que créatures de Dieu. Le respect inconditionnel de chaque personne humaine, le respect de la liberté de conscience, l’engagement  pour le droit et la justice, la solidarité avec les pauvres et les opprimés, voilà des critères théologiques fondamentaux qui découlent. L’amour de Dieu et du prochain s’y concrétisent.

S’orienter au message biblique de liberté inclut un rapport différencié à la société moderne : à plus d’un égard elle est en avance sur l’Église, quand il s’agit de reconnaître la liberté, l’émancipation et la responsabilité des individus; l’Église peut en tirer un enseignement, comme le Concile Vatican 2 l’a déjà souligné. À d’autres égards la critique de cette société dans l’esprit de l’évangile est absolument nécessaire, par exemple quand des êtres humains ne sont plus jugés qu’en fonction de leur rendement, quand la dignité de l’Homme est bafoué.

Mais en tout état de cause il est vrai que le message de liberté de l’évangile est le critère pour une Église crédible, pour son action et sa forme sociale. Les défis concrets auxquels l’Église doit faire face ne sont nullement nouveaux. Malgré cela, on ne peut guère distinguer des réformes orientées vers l’avenir. À ce sujet un dialogue ouvert doit être mené dans les champs d’action suivants :

1)     Structures participatives : dans tous les champs de la vie de l’Église la participation des croyants est une pierre de touche pour la crédibilité du message de libération de l’évangile. Conformément au vieux principe de droit qui dit que « ce qui concerne tout le monde, doit être décidé par tout le monde » il faut plus de structures synodales à tous les niveaux de l’Église. Les croyants doivent être impliqués dans la désignation d’importants fonctionnaires (évêque, prêtre).  Ce qui peut être décidé sur place, doit être décidé sur place. Les décisions doivent être transparentes.

2)     Communauté : les communautés chrétiennes doivent être des lieux où les gens partagent entre eux des biens spirituels et matériels. Mais présentement la vie communautaire se détériore.  Sous la pression du manque de prêtres on érige des unités administratives de plus en plus grandes – des paroisses XXL – au sein desquelles on ne peut plus guère faire l’expérience de la proximité et de l’appartenance. Des identités historiques et des réseaux sociaux qui se sont mises en place au fil du temps sont abandonnées. Des prêtres sont « envoyés au casse-pipe » et sont au bout du rouleau. Les croyants prennent leur distance quand on ne les croit pas capable d’assumer des coresponsabilités et de participer à la direction de leur communauté au sein de structures plus démocratiques. La fonction ecclésiale doit être au service de la vie de la communauté et non inversement. L’Église a aussi besoin de prêtres mariés et de femmes pour occuper la fonction ecclésiale.

3)     Culture du droit : la reconnaissance de la liberté et de la dignité de chaque être humain se voit particulièrement quand un conflit est réglé à la loyale et dans le respect réciproque. Le droit ecclésial ne mérite ce nom que si les croyants peuvent réellement faire valoir leurs droits. Il est urgent d’améliorer la protection juridique et la culture du droit au sein de l’Église; un premier pas dans cette direction serait la mise en place d’une juridiction administrative ecclésiale.

4)     Liberté de conscience : le respect de la conscience individuelle signifie mettre sa confiance dans la capacité de choisir et de se montrer responsable. Il est aussi du devoir de l’Église d’encourager cette capacité ; mais cela ne doit pas se transformer en paternalisme. Prendre cela au sérieux concerne particulièrement le domaine des choix de vie personnels et de la forme de vie individuelle. La haute estime que l’Église accorde au mariage et à la vie non-maritale n’est pas en question. Mais elle ne commande pas d’exclure ceux qui vivent de manière responsable l’amour, la fidélité et le souci réciproque dans un partenariat unissant deux personnes du même sexe ou un couple de divorcés-remariés.

5)     Réconciliation : la solidarité avec les « pécheurs » présuppose de prendre au sérieux le péché dans ses propres rangs. Le rigorisme suffisant et moral ne sied pas à l’Église. L’Église ne peut prêcher la réconciliation avec Dieu, sans elle-même créer par sa propre action la condition préalable à une réconciliation avec ceux envers lesquels elle s’est rendue coupable, par la violence, en les privant de leur droit, en inversant le message biblique de liberté en une morale rigoureuse sans miséricorde.

6)     L’office : la liturgie vit par la participation active de tous les croyants. Les expériences et formes d’expression du présent doivent avoir une place en son sein. L’office ne doit pas se figer en un traditionalisme. La diversité culturelle enrichit la vie liturgique et ne se marie pas bien avec des tendances à l’uniformisation centralisée. Le message de l’Église n’atteindra les êtres-humains que si la fête de la foi accueille des situations de vie concrètes.

Le processus de dialogue ecclésial qui a été entamé peut conduire à la libération et à un nouveau départ si tous les participants sont prêts à s’attaquer aux questions urgentes. Il s’agit de trouver des solutions pour faire sortir l’Église de cette préoccupation de soi qui la paralyse. La tempête de l’an dernier ne doit pas être suivie de calme ! Dans la situation actuelle cela ne pourrait être qu’un silence de tombe. En temps de crise la peur n’a encore jamais été bonne conseillère. L’évangile invite les chrétiennes et chrétiens à regarder vers l’avenir avec courage et - suite à la parole de Jésus - à marcher sur l’eau à l’instar de Pierre : « pourquoi avez-vous si peur ? Votre foi est-elle si petite ?»

 Les Premiers signataires (par alphabétique): 

Albus, Michael, Universität Freiburg

Anzenbacher, Arno, Universität Mainz

Arens, Edmund, Universität Luzern

Autiero, Antonio; Universität Münster

 

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Mise à jour le lundi 15 novembre 2010